Historique

1922 Naissance de la « Société des Régates de la Dives »

Alors qu’il n’existe plus de société nautique depuis une  trentaine d’années, c’est un problème de stockage qui va-t-être à l’origine de la renaissance d’un club nautique dans l’Estuaire de la Dives.

Petit quillard, dû aux coups de crayons de l'architecte naval  Gaston Grenier, le " Monotype Minima de la Manche " dit M.M.M., est dès sa première année de production en 1920, abandonné par la Société  des Régates  du Havre. La cause ? la quille dont il est pourvu, ne lui permet pas d’être stocké pour l’hivernage, car nantie de cet appendice, la coque ne peut entrer dans le demi-sous-sol du bâtiment que la Société des Régates du Havre a, sur la plage.
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Fils de Charles Desouches, propriétaire du cotre " La  Dives " (construit en 1875 dans le célèbre chantier havrais d' Abel Lemarchand ), trésorier de l’ancienne Société  locale des " Régates Internationales  de Dives, Cabourg, Beuzeval-Houlgate, le Home ", créée en 1882; Maxime Desouches qui a de bonnes relations avec les amis situés sur la rive droite de la Seine estime que ce bateau sera parfait au plan local.

 

Leurs qualités de navigabilité et de tenue à la mer, dans la rade toujours agitée du Havre, la facilité d’échouage dans le sable et en eau calme, comme cela se présente à Dives, ils seront parfaits pour naviguer dans l’Estuaire de la rivière.


Cinq bateaux sont alors achetés, l’un par Maxime Desouches " Paf ", le second par Henri Dulac " Pouf ", le troisième par Edouard Luchaire et les deux autres par une Société anonyme et Sportive, le Sporting Club de Houlgate que dirige le docteur Rouget.

 

La venue de ces cinq premiers monotypes à Dives-Sur-Mer en 1921 va conduire à l’acte de naissance de la Société des Régates de la Dives, (S.R.D.).
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A la fin de la saison estivale, Maxime Desouches sollicite auprès de Gaston Menier maître chocolatier, propriétaires d'un  Chalet situé le long de la digue promenade de Houlgate, aujourd’hui promenade " Roland Garros ",  l’autorisation d’aménager son ancienne estacade, elle a grand besoin de soins.


Gaston Menier, va rapidement accorder le droit d’utiliser son ancienne estacade, cela va amplement faciliter la création de  « 
la Société des Régates de la Dives ».   

Dès 1922 d’autres unités arrivent sur le site, ils sont barrés par de nouveaux émules comme l’ingénieur aéronautique Louis Bréguet, membre du Cercle de la Voile de Paris (C.V.P.), il s’est fait construire à Houlgate, non loin du rond point du Sporting Club une magnifique villa, " Le Clos du Royan ".

Adepte de l’eau douce, Louis Bréguet n’a pratiquement jamais navigué sur la mer, si peu qu’il vaut mieux, ne pas l’évoquer.    

Grâce à son ami Maxime Desouches lui même membre du C.V.P., il a, dès l’année 1921, fourbi ses premières armes sur les eaux saumâtres de l’estuaire de la Dives.

S’étant fait construire un M.M.M., il va tout au long de la saison de navigation, à la barre de " Flic-Flac ",  participer aux régates de 1922  organisées journellement par le club. 

Très rapidement il s’aguerrit, devient un très fin tacticien, et remporte pratiquement toutes les  compétitions auquel il participe se souvient  Claude-Maxime Desouches dit "Boy", fils de Maxime aujourd’hui disparu.

A la suite de ses exploits aux jeux Olympique de 1924, les membres de la SRD décident en 1925 de nommer à la présidence du club Louis Bréguet, clui-ci  restera à ce poste une bonne dizaine d'année.

Le Club se développe rapidement.

Le premier août 1922, les statuts de la Société des Régates de la Dives sont déposés en préfecture de Caen,  la société se trouve officialisée par la publication au Journal officiel du 18 août 1922, son siège social est fixé au Manoir de Caumont à Houlgate.

L’objet principal de la Société : Développer parmi les amateurs, le goût de la navigation de plaisance;
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Ses moyens d’actions: l’organisation de régates pendant la saison d’été.
En toute logique la première présidence est confiée à Maxime Desouches, le secrétariat et la trésorerie à Henri Dulac.
Les nouveaux arrivants sont membres de " grandes familles ", Comte de Neufville, Marquis de Montebello, l’ingénieur industriel Schlumberger, les  propriétaires des champagnes Pol Roger, la Comtesse  Chandon-Moët, l’industriel métallurgiste Luchaire, ……….  

Les  maçonneries du vieux perré inclinées, (elles dirigent les eaux du canal d’assèchement des marais de la Dives dans le port), sont rénovées aux frais des premiers utilisateurs de la saison à venir,  c'est-à-dire celle de 1923.

Pour remiser voiles et agrès, les yachtmans obtiennent des marins pêcheurs divais, l’autorisation de disposer d’un emplacement dans le hangar qu’ils détiennent sur le terre-plein central du port.    Un mât de signaux, pour donner le départ des régates est également aménagé sur l’estacade que détient maintenant officiellement la société.

La Société continue de prendre de l’extension, il faut alors penser à agrandir l’estacade.
Afin d’être chez elle, la société achète alors, un des hangars construits pendant la grande guerre par les Anglais au Mont Canisy, elle fait construire un slip de mise à l’eau,  des échelles de débarquement sont aménagées sur la digue inclinée, ceci afin de permettre aux nouveaux membres d’accéder plus facilement à l’intérieur de leurs bateaux.

La saison de régates interrompue:
Les propriétaires qui à la fin  de l’année 1938 ont décidé d’adopter le nouveau plan de voilure, proposé par J.J. Herbulot pour améliorer la marche de leurs M.M.M., ne vont pouvoir tester les nouveaux jeux de voiles que quelques semaines, la grande saison de régates qui bat son plein est brusquement interrompue par les événements politiques.

La mobilisation arrive, beaucoup de membres de la S.R.D. rejoignent d’urgence leur affectation, ceux qui restent vont remiser rapidement les bateaux dans les garages ou hangars jouxtant les belles villas de Houlgate.      
La guerre est là, elle va priver les détenteurs de bateaux, de confrontations loyales sur le plan d’eau de l’estuaire de la Dives pendant six ans, le temps des hostilités.

La providence a relativement épargné les installations des effets des bombardements alliés, mais pas ceux de l’occupant, ni ceux des intempéries et du temps, le club house et les appontements ont été sérieusement endommagés.

Avant de partir de Dives-Sur-Mer en août 1944, les Allemands font sauter la grue qui sert sur le quai du port de Dives à débarquer les saumons de cuivre qui arrivent en droite ligne du Havre, à bord du caboteur  « l’Enseigne Fleurie » pour alimenter l’usine de transformation de cuivre.

Cette grue sert également aux membres du club nautique pour les mises à l’eau ou sortie d’eau effectuées  par les deux marins du club, Alexandre Hesloin et Marius Huguet.

 

Demande de Subvention auprès du Ministre de l'Education Nationale et des Sports
Le 22 octobre 1943, Maxime Desouches, qui a repris la direction de la S.R.D. avec son vieux compère Henri Dulac, assisté des deux  représentants aux jeux olympiques de Berlin de 1936, (Claude-Maxime Desouches et Roger Lacarrière), va adresser une demande de subvention auprès du Ministre de l'Education Nationale, des Sports et Activités de Plein Air.

Cette demande auprès du Commissariat Général aux Sports, si elle aboutit doit permettre au club de se développer, ce fut le cas, car cette sollicitation  est "Vu et approuvé" à Paris le 11 mai 1944, par le Commissaire Général aux Sports et Activités de Plein Air.

En 1946, les jeunes ont grandi, les adolescents mûris, les adultes vieillis, mais le dynamisme reste la caractéristique des dirigeants et des membres, le président-fondateur se remet à la tâche, fait le bilan des dégâts, établit le budget nécessaire pour la remise en état des installations.
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1946 verra une reprise d’activité avec des moyens rudimentaires, une trentaine de M.M.M. sauvés de la destruction, peuvent être remis en état de naviguer, non sans mal, après multiples recherches pour trouver voiles, manœuvres et gréements. 

En avant de la saison, la flottille voit l'arrivée de  trois sharpies de 9m² que la société a fait construire avec le concours financier du Commissariat aux Sports, ils vont permettre d’organiser des régates journalières. Le Championnat annuel de la S.R.D. en cette année 1946 a pu être régulièrement disputé entre les 10 membres qualifiés pour participer à cette épreuve sur ces bateaux.

"Le large bassin  bien abrité formé par l’estuaire de la Dives a permis, une utilisation rationnelle des sharpies par tous les temps, et tout permet d’envisager estime Maxime Desouches, le développement de cette série parallèlement aux M.M.M."

Une nouvelle estacade, elle-même en partie construite sur pilotis,  un nouveau club house et une maison pour le gardien sont élevés, la vie reprend, le cadre redevient accueillant.

Plus de soixante quinze monotypes M.M.M
Les bateaux sont remis à flot, de nouveaux sont construits grâce à un nouveau procédé de construction imaginé par le Chantier Macario à Deauville, juste avant guerre, le prix de ces M.M.M. est attractif. 

 

Les bateaux y sont construits dans une forme, comme la coque est cloutée la production est plus rapide, les petits quillards sont tous parfaitement identiques, autre avantage le prix de revient inférieur à une construction plus traditionnelle.

Les voiles sont elles fournies par Mariole maître voilier à Paris, la présidence est maintenant tenue par M. Brunet

La S.R.D donne régulièrement ses départs de régates à des équipages de plus en plus nombreux et fanatiques, en 1958 sur la liste des membres que compte la S.R.D., nous dénombrons la présence de 73 propriétaires de M.M.M. 

1960 va marquer un changement dans l’évolution du club, la Société des Régates de la Dives, qui a repris le rythme de vie qui convient à une société en plein essor, va chercher à s’adapter aux nécessités du moment, à l’évolution constructive des générations qui montent, aux aspirations des jeunes  tout en conservant les traditions qui ont fait la force des gens de mer.

Le coût de la construction des bateaux en bois et en forme, leurs frais d’entretien, l’évolution des techniques et des matériaux, amènent une reconversion de la flotte de la S.R.D. vers le dériveur.  

Des 420 pour remplacer les vieux  M.M.M. ?

Après en avoir fait l’essai tout au long de la saison de régate en 1960, les responsables vont faire ce choix, le " 420 " sera le dériveur de demain pour le Club, et pour la saison de 1961, six " 420 " participent aux régates, mais les M.M.M. tiennent bons le cap, nous en comptons soixante quinze.

La direction de la S.R.D., est maintenant confiée à Rémi Schelcher, l’esprit de compétition est de plus en plus stimulée par l’identité des caractéristiques des " 4,20 ", en 1963 il y a vingt-cinq.

Les propriétaires de M.M.M. gardent toute leur confiance en leur petit quillard, il y en a soixante-dix-neuf.  En 1964, nous trouvons trente-quatre " 4,20 " pour soixante-seize monotypes, leurs propriétaires ne veulent vraiment  pas s’en séparer.

1963 voit la construction d’une plate forme et d’une cale pour les " 420 ", l’ensemble sera inauguré par les autorités locales le 20 juillet.  

1964 voit la disparition du fondateur Maxime Desouches, dès la saison suivante les juniors sont invités à se disputer la victoire dans le Challenge " Maxime Dessouches "

En 1970 les propriétaires de " 420 " sont cinquante-sept, le nombre de M.M.M. est descendu à quarante, un nouveau bateau le " Jet " fait son entrée au club, on en compte sept, de quoi satisfaire  Rémi Schelcher.

Chaque jour des mois de  juillet et d’août  le nouveau marin M. Petton organise pour les membres des régates, elles sont sponsorisées par: les Champagnes " Moët et Chandon ", " Pol Roger ", les alcools "Mandarine Napoléon " de la maison Moët , " Cinzano " et " Saint-Raphael ", la liqueur " Grande Chartreuse ", le cognac " Robin " et les parfums " Mlle Carven ", cent quarante neuf bateaux participent à ce dernier prix attribué après trois séries de six régates.   

Grâce à de nouveaux aménagements les bateaux peuvent maintenant appareiller plus facilement, deux pontons flottants reliés à la plate-forme de l’estacade, ont été construits par le marin du club.  

Cette même année la S.R.D. devint la base à la mer « du Cercle de la Voile de Paris », des régates d’entraînement pour les bateaux de haute compétition sont organisées les samedis et dimanches, chaque fois que les horaires des marées le permettent, ce, tout au long de l’année.

Autre changement l’arrivée des premiers croiseurs, leurs propriétaires ont envie de faire des croisières sur plusieurs jours, dans le plus grand confort.

Les années 70 voient également l’arrivée du motonautisme, dans l’estuaire de la Dives, mais également l’arrivée d’un nouveau marin Laurent Blons.

Progressivement la flotte pêche promenade prend, sous l’impulsion de son capitaine de flotte Pierre Passelac, le pas sur la flotte dériveur-croiseur, d’autant plus facilement qu’un épiphénomène de mode va drainer les adeptes  du dériveur léger vers la planche à voile. 

Le club compte rapidement quatre-vingt véliplanchistes, une base avancée est même ouverte sur la plage de Houlgate à deux pas du casino, un capitaine de flotte est désigné, M. Claude Michelez.

Pour plus de sécurité la commune sera même amenée à baliser un chenal d’accès entre la plage et la zone d’évolution située au-delà de la zone de baignade autorisée.

1982 la S.R.D. devient S.H.R.D. pour 12 années.

Afin de bien marquer le désir des membres du comité, présidé maintenant par Olivier Moisson (1976 à 1995), mais également à rappeler que ce club nautique est un club avant tout houlgatais, et non pas comme certains peuvent le penser, un club divais, la S.R.D. devient en 1982, la S.H.R.D. « Société Houlgataise des Régates de la Dives ».

Avec la fermeture de l’usine Tréfimétaux le site va être bouleversé, un port doit d’être aménagé par SOGEA Normandie sur le site de l’usine. Menée par Olivier Moisson, les discussions vont être âpres avec les aménageurs, afin de sauver le club.  « Il nous  faut disposer de bons locaux  dans la nouvelle capitainerie de Port Guillaume », « Nous voulons une salle de réunion, des bureaux, un clubhouse » martèle le président,« Ceux sont des installations dont  nous disposons aujourd’hui », et « ne doivent-elles pas être rasées pour laisser place au chenal d’accès du nouveau port ». Les exigences du président Moisson seront entendues et avec l’arrivée des nouveaux aménagements le club nautique va changer une nouvelle fois d’identité, il devient S.R.D.H. « Société des Régates de Dives Houlgate » nous sommes  en 1994. 

Considérant son travail terminé à la tête du club, Olivier Moisson passe la main à son vieux complice le Dr Claude Huard (en 1995), un des vice-présidents, il est membre du club depuis plus de cinquante ans, c’est un pur voileux, il espère que le club avec ce nouvel outil va renouer avec son passé qui rappelons le était tourné  vers la compétition, la régate.

Claude Huard décède en 1997 à la suite d’une maladie maligne, il est remplacé à la tête du club par Gilles Guitard, il s’engage à poursuivre l’œuvre entamée par ses prédécesseurs. Malgré toute son énergie l’ardeur qu’il y déploie, les nouvelles structures du port incitent les membres à devenir individualistes, le club  est clopinant, les présidents vont se succéder à sa tête.

L
e club qui est toujours dans ses locaux de la capitainerie, chaque année accueille quelques régates départementales et régionales, sa présidente Elisabeth Travers. compte sur un nouvel essor qui pourrait être donné par un nouvel aménagement autour du Pôle Nautique qu'anime la C.C.E.D. en tant que partenaire nautique de l’Estuaire de la Dives.

Suite à une refonte complète imposée en 2009 par le Conseil Général des locaux de la capitainerie, et d’un différent autour du Club Housse, cette dernière donne sa démission, une nouvelle équipe semble se mettre en place pour relancer ce club vieux de plus 90 ans, retrouvera-t-il son lustre d’antan ? là est une toute autre histoire.

Petiville le 08/05/2014
Michel AVENEL

 

 

Les statuts d'origine de la SRDH :